F comme Facebook

Je crois en avoir entendu parler pour la première fois en 2007, un collègue me vantait les mérites de ce « machin » auquel je ne voyais aucun intérêt.

Mes amis, c’est mes amis, si je veux du virtuel, je les trouve tous au chaud, bien rangés par ordre alphabétique dans mon répertoire Hotmail, ou sur MSN.

Bah oui, 2007, c’était il y a 100 ans …

Et puis, à l’occasion d’une pause déjeuner courte, en hiver, regagner ses pénates professionnelles ne nous chantant pas spécialement, ledit collègue et moi nous mettons devant ordinateur pro où il poursuit de me louer les mérites du machin social.

« Comment tu dis que ça s’appelle ce truc ? Faithbook ? »

Le côté « catho à bloc » de mon collègue (je n’ai rien contre) ou son accent à chier m’avaient effectivement fait penser à cet orthographe.

« Non Faaaacebook », s’appliquait mon collègue façon Chabat/Karamazov prononçant « Serial Killer » dans ce film que vous aurez reconnu.

Il faut dire qu’il était (déjà très) à fond dans le réseau social le collègue. Il a même décidé, sur le siège, de m’y inscrire : j’étais victime consentante. Et voilà, un bazar de plus à gérer, me disais-je. Et une première demande d’ami (bah oui le fameux collègue) gardée au moins deux semaines sans réponse, avant de me faire rappeler : « bah qu’est-ce tu fous, je t’ai invité sur Facebook ».

L’accent de mon vociférateur était toujours aussi impeccable.

Alors je l’accepte, et finalement je reçois un message : « mets une photo de ta tronche, dickhead ! ». Vous imaginez aisément de qui ça émanait.

Et puis plus rien, j’étais à des années lumières d’imaginer ce que le machin social serait. Je commençais à entendre ce mot (FB) prononcé, dans des conversations ici et là, avec des accents n’égalant pas l’accent de mon parrain virtuel.

La suite est un peu plus nébuleuse, mes souvenirs se précisent au moment où je fréquentais régulièrement le site : une fois par semaine. Je cueillais des amis ici ou là en recoupant avec un réseau social franchouillard devenu suranné. Et je me faisais également cueillir.

Et puis voilà,

j’ai des amis,

tu as des amis,

il a des amis

nous avons des amis,

vous êtes des cons si vous n’êtes pas sur FB.

Et ça s’est essoufflé avant même qu’une addiction se fasse sentir. Je réalisais que cet outil me servirait de vaste répertoire (contacts plutôt qu’amis) et que je pourrais m’amuser à … amuser, faire réagir, provoquer le cas échéant.

L’ère des jeux, des trucs, des machins qui ne servent à rien (à part le scrabble et le poker ; en plus il n’y a même pas de baggamon) est arrivée et ça m’a ennuyé. Pas trop fan de lourder un chien le plus loin possible. Un chat à la rigueur …

Et puis, j’ai pris un peu peur : des demandes d’ajouts (non capillaire) tous azimuts (who the fuck are you ???), des messages bizarres, des plans « dragouille », FB devenait un drôle de délire. Parallèlement, l’adage « mes amis sont tes amis » s’est vérifié.

Mais que constitue FB à mes yeux, à part le lieu de passage obligé dans la journée ? Le meilleur et le pire évidemment, son origine « Etats-Uniennes » sans doute.  

Le meilleur quand il s’agit de partager son art : ses photos, ses peintures, sa musique, ses récits. Ou lorsqu’une communauté peut s’exprimer sur un sujet d’actualité.

Le pire quand l’amitié physique se transforme en amitié virtuelle, lorsqu’on pense qu’on a de vraies news de ses camarades, alors qu’on ne lit que ses états d’âme. Hey, oh, FB ça ne remplace pas le bon apéro ! Facebook, c’est l’amitié paresseuse.

Le pire du pire du pire lorsque Fessebook joue un rôle d’objet de destruction massive des couples heureux ou en sursis ; lorsque qu’il sert de canal pour faire entrer autrui dans la vie de ta femme ou de ton mari.

La fille que tu as connu à la fac, lectrice, et bien figure toi qu’elle connait aussi ton mari. Et bien plus que tu ne le penses, bien au-delà des échanges de ce fameux samedi où tu les as introduits (hum !).  

Oui, le pire du pire du pire également, lorsque tu sais que FB contient en son sein quelque part, un amour de jeunesse auquel tu ne pensais plus spécialement. Mais FB te pousses à le chercher car FB c’est avant tout de la curiosité. Alors tu le cherches, juste comme ça … trois mois plus tard, c’est la cata. 

Et si tu ne le retrouves pas ce vieil amour, il t’apparaîtra : il faut dire que FB est vicieux, il te suggère tes « ami(e)s ».

Moi j’ai fait mon choix, et toi lecteur, Facebook, tu t’en sers pour quoi ?

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