G comme Game, Set and Match (part I)

35 ans, l’âge du premier point d’étape.

Il y a 10 ans, j’étais encore insouciant ; dans 10 ans les virages seront moins évidents à prendre. Un bilan d’ordre personnel, un bilan d’ordre professionnel pour répondre à une question toute bête : en suis-je là où je veux être ?

Retenons la vie professionnelle.

Une vie à laquelle on ne pense pas quand on est gamin. Je ne me souviens pas avoir souhaité devenir pompier, chanteur, agriculteur, mécanicien, producteur de films X, que sais-je encore.

Faut dire qu’ils sont marrants les profs, ceux qui pour la première fois de ta vie disent qu’on ne passe pas sa vie assis au fond d’une classe, dans le coin le plus chaud, à noircir les cahiers de texte des copines, et à faire des interros (Madame ? Feuille simple ou feuille double ? Faut faire une marge ?).

Non, les profs, ils commencent à parler de la vraie vie, du fait qu’un jour il faudra aller gagner sa croûte, faire un job qui te plait, etc. Et là moi, je pense à mon cours de sport (pourvu qu’on ne fasse pas du saut en hauteur façon sauts-ciseaux !), c’est-à-dire à des trucs immédiats.

Une gestion de la vie très instantanée, se projeter est tout simplement inconcevable. Alors quand les profs parlent de CIO, ça m’évoquait plus le Comité international olympique que le Centre d’information et d’orientation.

Le choix d’une orientation, d’un métier … Pfff !

Ma gestion très instantanée de la vie a duré longtemps, au moins jusqu’en terminale.

Choisir une voie était un effort que je ne voulais pas faire.

Ce n’est pas que je n’aimais pas l’effort, encore que de certaines facilités avérées de compréhension ou d’assimilation, ont pu me faire pousser de temps à autres un énorme platane dans la main. Non, c’est juste que cet effort là, l’idée même de choisir une voie, des rails vers une formation et un métier unique me rendaient claustrophobe d’avance.

Et je ne savais pas encore que nous vivions dans un pays où la reconversion n’est pas évidente.

J’aime pourtant l’idée que l’on peut multiplier les employeurs, et éventuellement exercer des métiers différents.

Et un jour, le choix du « moins pire » s’opère. Je me suis laissé guider par l’amour.

« Oh c’est beau !» te dis-tu. Oui c’est beau … mais c’est long : 5 ans d’études de présence à la Fac. Voilà la peine que je m’étais infligée en calquant mon cursus sur celui de mon amoureuse d’alors.

Trêve d’hypocrisie, je ne me suis pas dit d’emblée que j’allais faire le grand chelem. Je me suis contenté de prendre les années (dont deux fois la deuxième) les unes après les autres.

Après tout, je venais d’avoir mon bac, c’était déjà énorme. Et ça reste à ce jour le diplôme dont je suis le plus fier avec mon diplôme de dauphin d’or (nan, j’déconne je ne l’ai pas tenté celui-là, je ne sais même pas comment je sais nager).

J’ai pris mon cursus comme un tournoi de tennis, je me disais qu’une finale ça serait bien mais j’étais lucide sur ma technique et ma condition physique. Et puis je passais les tours (les années, t’as compris la métaphore ?) souvent au cinquième set. Mais ça passait. Et plus ça allait, meilleur était mon niveau de jeu, j’avais compris un truc essentiel : « plus de méthode = moins de travail ».

Ca peut servir encore aujourd’hui.

Et puis voilà, c’est la finale. Je gagne, je remercie les ramasseurs de balles et puis je me casse. Un put… d’horrible boulot m’attendait déjà, il m’a permis de mettre les pieds sur le marché du travail.  De rencontrer des gens bien, de composer avec des connards aussi …

(A suivre)

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