I comme iPhone

Prononcé Aïe-Phôôône parfois.

Ce machin est un beau jouet. Bien plus qu’un jouet c’est aussi un vêtement si bien que lorsqu’on l’oublie, on est à poil.

Moi je l’aime bien ce truc, la prise en main est facile en plus. La prise en doigt à vrai dire, il obéit en effet au doigt (pas encore à l’œil).

La première fois qu’on se retrouve avec ça dans la paluche, il y a de vieux réflexes à oublier.

Ton vieux Nokia par exemple, bah tu ne mettais pas tes doigts dessus, tu faisais gaffe à ne pas dégueulasser l’écran.

Avec un I-phone, et c’est sa première application, c’est un essuyage digital impeccable.

La première fois que ma mère m’a vu tripoter le rectangle magique, elle a foncé dans sa cuisine pour chercher un bout de sopalin et du jex-vitres (On peut dire les marques ?).

Elle regarde horrifiée, de temps à autres, les traces d’index sur le rectangle plein de carrés, et me jette un regard oblique plein de reproches :  » tu pourrais le nettoyer ce truc quand même ! », semble t’elle dire.

Cette considération mise à part, je vais te dire ce que je n’aime pas dans LE joujou des années 2000. 

D’abord, il ne fait pas téléphone.

Comment ça, bien sûr que si ? Ah, autant pour moi.

Bon ok, il fait téléphone, un point pour lui.

Non, ce que je n’aime pas c’est que la vie perd de sa spontanéité avec cet appareil.

Dire appareil pour l’I-phone, c’est comme dire « un poste » pour « une télévision », d’ailleurs on ne dit plus télévision non plus. Bref.

Manque de spontanéité dans le sens où il n’y a plus d’effet de surprise.

Tu as la météo pour tous les coins du globe (ça a vraiment des coins un globe ?) ;

Tu veux te faire un ciné, pas de soucis, tu checkes les séances sur Allo ciné ;

T’es perdu, bah t’es pas perdu grâce à Google maps ;

Tu cherches le numéro du camion qui fait (techniquement c’est le mec dans le camion qui fait) des pizzas mortelles, merci les pages jaunes ;

Tu veux savoir qui chante à la radio, tu joues de l’application « Shazam » ;

Tu as aussi des jeux à la con pour les gosses, histoire de prendre un apéro tranquille ;

Et puis tu disposes de tes réseaux sociaux et de tes mails.

S’agissant de ce dernier point, ne dis pas trop à tes potes que tu as un I-phone car si tu ne réponds pas dans les 20 minutes à leurs messages, tu vois ta tronche dans « le poste » avec écrit en gros : « Alerte enlèvement ». Et là tu te dis putain d’Aïe-Phone.

Avec l’I-phone, tu ne laisses plus rien au hasard, tu penses tout contrôler.

Et moi, ça me dérange un peu. J’ai même voulu en revenir de cette addiction en me reprenant un bon vieux Nokia qui envoie et reçoit des sms. Et puis je me suis fait chier.

J’ai remis la carte SIM dans le rectangle magique et je faisais à nouveau joujou.

On s’est quand même bien fait niquer, on ne peut plus s’en passer.

Bon, il est vrai que j’adore utiliser l’application dictaphone pour enregistrer mon fils chanter des chansons pas tout à fait assimilées et lui faire réécouter. Et ça, ça vaut le détour.

Quelle conclusion en tirer ? Et bien celle qu’on se ressemble tous, mes amis, on a une belle laisse électronique qu’on ne veut pas que le maître détache.

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