K comme Kilomètres

J’aime avaler les bornes …

Tout est prétexte pour partir (presque) loin le week-end, m’aérer, rencontrer des gens, casser le rythme parfois monotone du quotidien.

J’ai du retard à rattraper.

Il faut dire que je ne suis sorti de France qu’à 21 ans ; oui c’est moi celui-là. Et encore, ça s’est fait de douce façon : par le train, l’Eurostar. Il n’y avait que 20 minutes d’angoisse, le temps de passer sous l’eau.

C’était un grand moment de ma vie, j’allais découvrir des étrangers (des Anglais) chez eux, mangeant leur je ne sais quoi. J’en retiens un amour pour le cheddar et les chiffonnades de jambon sur du pain grillé. Ils n’ont rien de mieux.

Je les ai tout de suite aimé les Anglais, les Londoniens à vrai dire : ils se foutent royalement  (!) de savoir comment tu es habillé, si tu as des cheveux rouges, ce que tu fais de ta vie, si tu es blanc, black, si tu es l’indien qui tient l’épicerie du neighborhood, etc.

Paradoxalement, ils dévorent dans leurs transports en commun catastrophiques les magazines people, allez comprendre !

Londres, c’est une ville mélancolique et on joue volontiers le jeu. On y flâne avec un sentiment de brume dans l’âme, en faisant tout de même attention à bien regarder le « look right » au sol pour ne pas se faire faucher. On se dit que c’est un Paris plus humide où l’incivilité n’est pas reine.

Et puis, ce qui est bien lorsqu’on va à Londres, c’est qu’on peut esquiver l’avion. Oui, cette chose en tôle qui pèse plein de tonnes, qui se donne des airs avec ses ailes et laisse toujours planer un suspens insupportable : se crashera ? se crashera pas ?

L’avion c’est pas mon truc … ce machin qui prend son élan à Paris pour retoucher le sol à New York … Non vraiment, personne ne se dit que c’est surnaturel ?  Ben moi si ! Et si Dieu avait voulu qu’on vole, il nous l’aurait fait savoir. Or le Tout-Puissant, dans ses plans, il nous voyait plutôt emprunter des chemins terrestres, à la rigueur maritimes.

J’ai mis les pieds pour la première fois dans l’oiseau de fer à 25 ans. Prudemment pour aller de Paris … à Perpignan.

La deuxième fois que j’ai pris l’avion c’était pour aller dans l’hémisphère sud … J’ai dérouillé : 11 heures de vol, 11 heures de suspens, 11 heures de merde.

Et puis bonnant malant (?), les heures de vol se sont cumulées. Et même si je ne suis pas le roi des « miles », j’ai su dompter ma phobie de l’avion puisque celle-ci n’est plus qu’une peur, et je la regarde droit dans les yeux à chaque fois que je montre mon billet et mon passeport à l’hôtesse (Et là tu te dis merde ! il regarde qui dans les yeux au juste ?).

Bref, la peur n’évitant pas le danger (comme on dit aux gens jaloux), j’ai décidé d’y recourir à ce coucou, même si franchement j’aurais plus kiffé emprunter le condor des mystérieuses cités d’Or.

Ca m’a permis de découvrir de belles destinations, notamment « The P-Town, », Prague la magnifique, mais je t’en parlerai plus tard.

A vrai dire, l’une de mes façons préférées d’avaler les bornes, même si c’est statistiquement la plus risquée, c’est la voiture, la tire, la caisse, la bagnole, la gova. Enfin ça dépend. Au volant d’une voiture acheminant des adultes, ça se passe sans mal. Les vessies sont à peu près contenues, et on ne s’arrête que pour croquer dans un triangle jambon-œuf mimolette (et chips si affinités) et remettre un peu de carburant dans une station-service où l’on s’arrête totalement par hasard.

Avec des mouflets en voiture, tu en viendrais presque à regretter l’avion. Avant de partir, il faut te préparer à la question incontournable, celle qui revient 150 fois durant le trajet et ce dès le premier rond-point emprunté : « quand est-ce qu’on arrive ? ». Moi j’ai pris le parti d’y répondre : « quand tu auras 18 ans, d’ici la on fêtera tous tes anniversaires dans la bagnole, t’es content ? ». Le temps que mon bonhomme se représente mentalement le truc, je suis presque arrivé.

Je passe sur les pipis tous les ¾ d’heure, le doudou qui tombe, l’envie de gerber, puis l’envie de siffler une pom’pote, la rangée d’éolienne dont une ne tourne pas (« pourquoi papa ? »), les vaches avachies, l’arrosage automatique du paysan, et walali et walala.

Ce qui est bien avec la voiture, c’est qu’on peut mettre la musique à fond, se toucher la nuque pour feindre une fatigue afin que le passager devienne conducteur, s’arrêter sur des aires de repos au nom improbable (Brou-Frazé ; La poêle percée …) et pique-niquer.

Mais tu le sais, cher lecteur, la façon dont j’aimerais le plus engranger de distance, la meilleure des façons pour respirer chaque kilomètre parcouru, c’est évidemment à moto, avec les deux mains de l’être aimé autour de la taille, pour découvrir l’Italie, l’Espagne, les Balkans, la Tchéquie, la Croatie … Quel programme !

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