N comme Noël Dents Prague

Sans trop savoir pourquoi, cette fête n’a pas pris l’habitude de me sied. Ce n’est pas que je ne l’aime pas, c’est simplement que cette effervescence ambiante et universelle du mois de décembre ne m’atteint a priori pas spécifiquement.

Je ne me souviens plus trop dans quel état Noël me mettait, gamin, j’ai le vague souvenir d’une réelle impatience les jours qui précédaient le jour J (le jour Jouets). Il faut dire que par chez nous, Noël commence vers le 25 novembre. Un peu de rouge par ci, un peu d’argenté par là, dans les magasins, à doses homéopathico-subliminales.

Puis doucement, c’est au tour des guirlandes de gentiment stranguler nos rues, nos monuments, nos balcons, dès que le calendrier de l’avent subit la première pression des gros pouces impatients.

Et là, c’est parti. Ce bon vieux Père Noël daigne se montrer parfois en faisant l’homme araignée sur une échelle (crânement avec un seul pied éventuellement), dans les décorations les plus rigoureuses.

Et quand le Père Noël déboule, sa délégation suit : des rennes, des traineaux, des élans, des étoiles et puis le roi de la forêt, le sapin (des p’tits, des gros, des grands, des blancs, des Ikéa, des qui perdent leur épines dès qu’on les frôle avec un coude à peine brutal).

Il se met une pression d’enfer, le Père Noël, on dirait qu’il est en campagne même si je n’ai pas encore vu de « Yes, I can » ou de «PerNo for President».

President of what ? Of where, d’abord?

L’être rationnel, ascendant terre-à-terre que je suis, voudrais trouver une zone géographique précise sur le globe, pour pouvoir la pointer du doigt : « tu vois mon fils, il habite là l’homme en rouge ». Mais malheureusement, je manque cruellement d’infos les gars. Je me contente donc de mentionner le Pôle nord, difficilement pointable sur une carte, je m’en débrouille :

Père Noël

ZC des Lutines

25 avenue de la boule à facettes

99370 Pôle Nord

Et ça passe …

Bon ok, je ne suis pas le meilleur ambassadeur de Noël ; à vrai dire j’aurais fait un meilleur ambassadeur de la petite souris, oui celle qui mettait 10 balles sous l’oreiller pendant qu’on dormait histoire de nous féliciter d’avoir perdu une chico. Hum, dangereux cette incitation financière tout de même, elle pourrait pousser le plus vénal des gamins à se mettre un coup de marteau dans la bouche. Perso, je me contentais de bien triturer la dent récalcitrante et je gagnais deux jours pour les 10 francs.

Bref, elle m’intriguait cette souris, qu’est-ce que je l’ai attendue, qu’est-ce que je l’ai aimée lorsqu’elle faisait son travail. Et qu’est-ce que je l’ai détestée à 14 ans. Hein oui, t’étais où salepute petite effrontée lorsqu’on m’a collé plein de barbelé dans la bouche pour réparer mes dents qui se disaient merde. Que j’ai pensé à elle lorsque je revenais de mes séances d’orthodontie mais elle, elle ne pensait pas à moi. Alors on a rompu.

Pour revenir à Noël, finalement bien plus fiable que la petite souris (Noël revenant à coup sûr tous les ans), je dois avouer m’en réconcilier doucettement. Avoir un enfant injecte déjà de la magie (en plus des emmerdes que l’on connait) dans l’existence durant toute l’année, mais alors en décembre, c’est merveilleux. J’adore les conversations, les questions oniriques ou techniques (« il est vraiment tout seul de Père Noël pour tout ce travail ? ») que les mouflets posent.

Il faut dire qu’ils sont à bloc les mioches, complètement émerveillés et innocents (parfois les mains pleines), c’est de l’intensif depuis début décembre à l’école.

En voie de réconciliation avec Noël donc et sans doute encore plus depuis hier, lorsqu’à Prague, à l’invitation d’un ami, nous sommes allés dans une ancienne chapelle au milieu d’un nulle part enneigé, pour décorer collégialement des sapins de Noël. Une belle idée d’action caritative en faveur d’un hôpital pour des enfants déficients mentaux.

J’avoue de pas avoir tout compris de l’enjeu de l’action mais visiblement il était ensuite question « d’enchères ». Certaines personnes achetaient symboliquement jusqu’à 5 000 euros le sapin dont ils préféraient la décoration (je ne sais pas à quelle hauteur le nôtre a contribué pour l’hôpital), ce qui valait don.

Un drôle d’espace temps pour ce type d’expérience à laquelle je ne suis pas habitué, où beaucoup d’enfants avaient des yeux scintillants parmi des adultes concernés et volontaires.

Pour la petite histoire, en Tchéquie, le sapin n’apparait que le jour J dans les foyers. Le Père Noël s’occupe de tout …

Dieu que c’est bon de sortir de chez soi, Dieu que c’est bon d’aller chez les autres. Et lorsqu’on ne parle pas la langue, on peut des fois parler le cœur, c’est de saison non ?

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