P comme Père

Je déteste ces rêves, ces nuits où tu t’en vas, lorsque je réalise qu’un jour, un soir, tu partiras. J’aurais pu tout apprendre de toi, prendre cet or qui caressait mes doigts, qui aujourd’hui me fait défaut, t’avais raison, j’suis un idiot.

Mais tu sais bien que pour les enfants, on a tort d’être parent, c’était ton lot, c’est le mien maintenant. Etre grand-père te sied grandement.

La lucidité vient avec l’âge, et les regrets sont de passage. Mon admiration n’a pas de plafond, je ne le savais pas à l’âge con. Je me fous de tes vieilles maladresses, de tes yeux noirs, de tes mots durs, ton apprenti n’était que paresse, tu étais labeur, menais la vie dure.

J’ai bénéficié de tes valeurs, hérité de ton histoire, de quoi remplir mon cœur, et emprunter ma trajectoire.

Cette nuit, j’ai peur de la fissure, du gouffre sous le sol pas sûr. Ne pars pas voir le pays des ombres, dans ma maison, il ferait trop sombre. On s’est appris trop tardivement, mes sentiments sont débordants.

Je chasserais bien cette vieille salope, petit à petit, elle te transporte. Et dans ces rêves, elle vient me narguer, prétend qu’elle vient pour t’emporter.

Et moi en sueur je me réveille, le front trempé, les perles qui perlent. C’est un sursis, c’est un cadeau, faut pas que tu files, il est trop tôt.

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