Comme un jeudi

Mesdames et Messieurs, s’il vous plaît, de la déférence, de l’allégeance, et vous le lirez bientôt, de la compassion, pour célébrer le plus célèbre des Dieux.

Le jeudi, c’est le jour de Jupiter (Zeus), Père de tous, des Hommes et de leurs Dieux. C’est le jour du grandiose, ce n’est pas pour rien que la plus grosse planète de notre système solaire s’appelle ainsi : 300 fois plus grande que la Terre, pour votre information, autant vous dire que l’équivalent d’un Paris-Auckland sur la Terre, devient un Paris-Bombay sur Jupiter.

Vous n’imaginez pas comment je me suis emmerdé à vous trouver ça.

Le jeudi, donc, c’est le jour de l’homme à la statue pourvue de gros pectoraux et d’un sexe ridicule. Je ne sais pas qui était ton statuaire, Jupiter, mais il t’en voulait, c’est certain. Heureusement, en termes d’attributs, il y a ton foudre, de guerre sans doute, objet tridenté semblant capable, lui, d’envoyer des éclairs.

En tout cas, Mon p’tit Jup’, enchanté de faire plus ample connaissance. Je sais à quoi lever mon verre dorénavant, le jeudi.

Ah bah oui, le jeudi, c’est quand même le jour où les Français, à l’approche du week-end, commençant même souvent un vendredi depuis une fameuse loi n°98-461du 13 juin 1998, relative à la réduction du temps de travail (ça c’est pour attirer les juristes googlistes sur mon blog, hé hé), peuvent se servir un verre bien mérité, sans se (faire) considérer comme des alcooliques.

En cet instant présent, vous êtes en train de vous situer … et de vous catégoriser, vous qui vous en foutez royalement (divinement tenterais-je même de dire) de la considération du jour de la semaine, pour faire péter capsules, bouchons et autres muselets.

Avouez que le p’tit verre du jeudi, il a une saveur particulière, que vous ayez attaqué dès le mardi, ou que du soyez sevré depuis le week-end précédent.

Car-ce-verre-là, il n’est ni interdit ni complètement immodéré. Il est entre deux-eaux, enfin deux alcools. C’est le verre qui précède le jour de la dernière alarme hebdomadaire du réveil, celle qui ne donne pas d’envie de meurtre car on lui pardonne exceptionnellement de faire son job.

Et lorsqu’on le prend ce petit verre du jeudi (enfin quand je dis « ce » et « petit », chacun s’adapte en fait), on sait que le plus dur est fait, 80 % de la semaine se sont écoulées, et on commence, seul ou en amoureux à planifier des expos, des séances de ciné, un pillage des rayons de la FNAC, et à tenter de jouer l’improvisation avec des amis qui ne bookent pas leurs week-ends des semaines à l’avance.

Oui, le jeudi, c’est un bon jour, ou plutôt un bon soir pour se délecter du week-end qui approche. Le vendredi c’est moins drôle, on y est déjà, or le week-end, c’est comme la grande trêve estivale, le meilleur moment c’est de presque finir de l’attendre.

Mais prière, lors de votre prochaine délectation de nectar, d’avoir une pensée pour Jupiter : le père des Hommes et des Dieux, équeuté, ça mérite un peu de compassion.

Le nectar étant, en outre, le breuvage des Dieux, l’hommage est incontournable.

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