Comme un lundi

Ce jour, putain ce jour.

Lundi, jour de la lune. Il porte bien son nom celui-là : le lundi, c’est sur la lune que j’habite.

Le lundi, c’est le jour du retour à la réalité, du retour au rythme trop connu, du rythme qui surine.

En se réveillant le lundi, il faut déjà le savoir qu’on est lundi. En effet, 60 heures sans montre le week-end et j’ai du mal à savoir ce que je suis : minéral, végétal ? Ah non, c’est vrai je suis humain, avec des délires d’humain qui doit aller au travail pour sortir de l’animalité et occuper une place dans la société. Bon bah ok, allons-y alors.

C’est violent le lundi car on a tout oublié durant les 60 heures qui ont précédé (le coucher tardif, le lever parfois aussi, le déjeuner à 15 heures, le décloisonnement, les plans avec les amis non virtuels, histoire de partager du bon vin et de la bonne bouffe). Si bien que lorsque le réveil sonne, oui celui-là, le premier des cinq de la semaine, c’est tout une tête, tout un corps, devant à peu près tout réapprendre et refaire connaissance avec la semaine.

Pour moi, le lundi est jaune : un héritage du code couleur des pages « Télé 7 jours », étudié attentivement lorsque j’étais gamin. Ca ou le bonheur des dames …

Et en ce lundi jaune et parfois au soleil (Claude François lisait-il le même programme télé que moi), on a l’impression qu’il ne se passera rien : un lundi, qu’est-ce que ça peut offrir de mieux que l’avant-veille et la veille ?

D’ailleurs, si certains n’aiment pas le dimanche soir, c’est en fait à travers lui le lundi qu’ils détestent. Pauvre sous-estimé dimanche soir. Je déteste le lundi le lundi, pas dès le dimanche. On s’en reparlera.

Le lundi ne sert à rien, il faudrait commencer la semaine un mardi. Certains me diront que le lundi c’est le jour des étirements et de l’échauffement pour être performant dès le mardi. Et je leur répondrai que le vendredi est donc le jour des étirements post efforts, et que la semaine se retrouve composée réellement de trois jours qui valent la peine. A bah non, deux jours, le mercredi faisant parfois office de mi-temps.

Le lundi comporte tout de même quelque chose de bien : il est composé d’un soir. Plus jeune, c’était une délivrance de savoir que nous étions lundi soir ; je savais que les commerçants ouvraient leur « bouclard » le lendemain. Et qu’ils vivaient, au moment où je me réjouissais de les sentir à quelques heures de lever bruyamment les rideaux de fer de leur boutique, et d’animer la semaine, leur dimanche soir à eux. Le mardi s’apparentant à un lundi pour ces gens qui travaillent le samedi.

Mais pas de méprise, le vilain canard de la semaine civile c’est bel et bien ce lundi, jour où les zombies besogneux sont de sortie direction le bureau ; ils n’ont eu que le dimanche pour se remettre de leur nuit blanche à vouloir jouer les jeunes comme à leurs vingt ans, à l’époque où deux semaines de vacances arrivaient toutes les six semaines.

DEUX SEMAINES DE VACANCES TOUTES LES 6 SEMAINES !

Avouez, vous n’avez jamais vraiment mesuré cet avantage social là, à sa juste valeur. Transposez-le maintenant et faîtes vous mal.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas le meilleur ambassadeur du lundi, ce jour de début de cycle (je parle de la semaine calendaire Mesdames), ce jour où tout recommence. Je n’aime pas la renaissance d’une semaine, j’y suis mieux lors de son adolescence, de son âge adulte.

Reparlons-en bientôt.

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