Comme un week-end

Le week-end est à n’en pas douter le duo de jours le plus attendu de la semaine.

Souvent le plus affranchissant, le plus accomplissant, parfois le plus fatiguant ou le plus décevant.

Le week-end est supposé s’habiller de liberté, de repos, d’effervescence, de moins ordinaire ; on en attend toujours beaucoup, on en fait toujours bien bien trop, la « to do list » du week-end est un papyrus qu’on déroule jusqu’au sol.

Version Automne/Hiver :

Mais en fait, le week-end est parfois étrangement inégal : un samedi où l’on est lièvre, un dimanche où l’on est tortue. Le papyrus est donc essentiellement déroulé le samedi, jour où l’on reste sur sa lancée, où le dynamisme du travailleur est désormais au service de ses centres d’intérêts et de ceux des siens : on en a plein les pattes, mais pas encore assez, c’est le jour il faut tout caser, absolument tout caser, « pour être peinard » le dimanche. Des courses, des allées et venues, des allers-retours, le tout dans un temps très serré et minutieusement séquencé, pour être un hôte ponctuel en soirée.

Samedi, dimanche, des jours qui ne se ressemblent pas, faux jumeaux de leur état, ils peuvent même s’annihiler complètement : le dimanche, dans les périodes de jours froids, courts et humides, semble avoir été créé pour ne surtout pas réfléchir son prédécesseur calendaire.

Un peu comme le réveillon du 24 décembre se fait amocher par celui du 31. « Un temps pour tout » me répond t’on : la famille et la magie d’une part, les amis et la beuverie d’autre part.

Il semble donc en aller de même du samedi et du dimanche. Tout ce que l’on vit le samedi trouve son contraire le dimanche.

Le réveil du samedi est dynamique, celui du dimanche, catastrophique, potentiellement post-alcoolique,

Le déjeuner du samedi est pris à l’arrache, celui du jour du Seigneur, est solennel,

L’état d’esprit du samedi est emprunt d’allégresse, celui du dimanche de mélancolie,

L’excès de vitesse piétonnier d’un jour devient un « lying contest », l’autre jour,

Le pot amical du samedi se transforme en plan thé/petits gâteaux familial le lendemain,

Le jour du chabbat est outdoor, le dimanche indoor …

De quoi se réjouit-on le plus le vendredi soir, au moment où l’on éteint sa session d’ordinateur avant de prendre congé de quelques collègues certes gentils, mais de moins en moins visuellement, auditivement, et parfois olfactivement supportables au fil des 35 heures.

De vivre intensément le samedi ou paresseusement le dimanche ?

Version Printemps/Eté :

En ces saisons, les jumeaux se ressemblent sans être quasiment identiques. Le samedi reste fidèle à lui-même, invariablement speed mais le dimanche, lui, se révèle. On lui redécouvre une vraie soirée, ignorée en hiver, et il rivalise avec le samedi, le petit préféré.

Il lui fait même la nique, à mesure qu’il est long et doux, qu’il offre de la verdure où il fait bon s’avachir, et parfois la mer gagnée pour un temps éclair. Et des terrasses bondées où les rondelles de citrons prennent un bain dans le Perrier rafraîchissant, des fumées de barbecue, des jardins habités où se rassemblent de bonnes mines heureuses et jamais pressées. Les enfants y courent, c’est leur seule façon d’avancer, ils sont énervés, surexcités et optimisent, comme les grands, les dernières heures du 7ème jour.

Il est loin le temps ou le dimanche s’arrête à 18 heures. On n’ose pas repenser au fait qu’il y a quelques mois, à cette même heure, on envisageait « folichonnement »  d’opter soit pour la soupe potiron/croutons/gruyère ou la tartine de fromage à raclette pour se faire un mini rappel du dîner de la veille.

Vraiment, il est doux ce dimanche soir, plus question de vouloir en finir avec lui. On rêve, pour clore le week-end, d’un dernier verre de Martini, de champagne ou de whisky (scottish s’il vous plaît) pour célébrer les dernières heures enivrantes et les prochaines enivrées.

Alors, je repose la question : de quoi se réjouit-on le plus le vendredi soir, au moment où l’on éteint sa session d’ordinateur avant de prendre congé de collègues aux têtes ornées de lunettes de soleil, servant de serre-tête pour l’occasion, comme si les prises de soleil étaient l’activité principale de la journée ?

De vivre furieusement le samedi ou poétiquement le dimanche ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s