Comment j’ai atteint ton coeur

Ca ne s’est pas fait sans peine. Atteindre ton cœur nécessitait au préalable d’amadouer ses gardes du corps. Mais ils ne me faisaient pas peur ces deux gardes-cœur. Droits et fermes, ils soutenaient ta jolie gorge sans dentelle ni armature. Non, aussi sculptés étaient-ils, tes seins ne me faisaient pas peur. Pour autant il n’était nullement question de me foutre de leur poire ; je les admirais un peu : eux défient la gravité.

Alors tel un stratège, pour atteindre ton cœur, j’avais imaginé l’assaut contre l’armée des deux. Un effet surprise dont je ne suis pas peu fier, il s’agissait d’arriver par derrière pour que tes gardes-cœur n’y voient que du feu. Ils avaient beau être deux, deux cyclopes, ça ne fait jamais que deux yeux Et bien que le cyclope aient un œil qui donne son relief au sein, ils ignorent tout de ce qui se passe dans un dos. Et pour être sincère, j’avais en outre repéré une faille. Le garde de droite semblait légèrement plus faible, c’était lui le premier qu’il fallait attaquer. Ca tombait bien, en arrivant de derrière, il était à la merci de ma main droite, la forte, l’experte, la malicieuse.

Le cyclope droit ne m’a donc pas vu arrivé : sans violence, j’ai pris son œil entre mon pouce et mon index, il s’est tout de suite endormi, j’avais dû toucher un point sensible. Bien entendu, ça ne suffisait pas, je ne me pouvais pas m’arrêter là, alors je l’ai caressé pour finir de l’amadouer jusqu’à complètement l’anesthésier, il était à ma merci.

L’autre cyclope n’avait rien vu. Sans doute trop lâche avec le sein droit, je décidais pour le gauche de me présenter à lui, j’ai donc surgi face à lui : je l’ai coincé entre ma main gauche et ma joue, des fois qu’il s’échappe, et d’un coup, paf, quart de tour de tête, et tel un vampire, je l’ai croqué ; à son tour, il a sombré. J’ai pris son poids dans ma main, ça nous faisait tous les deux du bien. Mais je voulais vraiment en être certain, alors j’ai léché son œil. Et j’ai réservé le même sort au premier sein endormi. Non pas que je craignais son réveil, non, juste que sur ma langue, j’aime le goût du sel.

Et une fois tes cerbères domptés, je suis entré en toi. Auréolé de ma victoire sur tes seins, j’ai découvert ton cœur : il m’attendait là. Je me suis approché de lui, et il m’a dit : « retourne d’où tu viens, il te faudra assoupir mille fois les seins pour que je dorme dans tes mains ».

Ton cœur n’est pas un sein, je te ré-attaque dès minuit vingt.

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