Le grand chut !

J’aimerais te dire que ça ne se passera pas,

Que c’est promis, on ne la quittera pas,

Cette mère, cette terre,

Que la vie est sans hiver,

Qu’on ne s’endormira pas,

Qu’on ne mourra pas,

Ou que si ça devait arriver,

C’est pour mieux exister,

On peut aussi se dire,

Juste pour le plaisir,

Que si on s’assoupit qu’un peu,

C’est pour percer les cieux,

Pour toucher les étoiles, mon vieux,

Et puis revenir au ventre,

Revenir dans la danse,

Ouvrir à nouveau les yeux,

Revivre un printemps,

Un été radieux,

Mais vivrais tu cette vie,

Serait-elle, magnifique,

Si tu savais, mon fils,

Qu’elle n’était pas unique ?

Mais comment te rassurer,

Comment te persuader,

Qu’il est bon une fois d’exister,

Car moi aussi, je connais la nuit,

Fils, le tourment y luit,

Conscient, je me sens mortel,

Nous sommes vraiment tous frêles,

Je sais bien qu’un jour je ne m’agiterai plus,

On dira de moi « il fût »,

Mes pensées aussi pèsent,

Elles convergent,

Vers cette même idée qui m’obsède,

Celle contre laquelle je lutte :

Un jour, une nuit, c’est le grand chut !

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