Et notre beau navire Friendship

 

Derrière les rideaux, le jour se lève,

Je ne veux pas quitter mes rêves,

Ceux dans lesquels, elles ne me déçoivent pas,

Ces amitiés défiant ma foi,

Le silence appelle le silence,

La distance annonce l’absence,

Je ne sais pas, je ne sais plus,

A qui incombent les premiers pas,

Je ne sais pas, je ne sais plus,

Suffoque mon coeur déçu.

 

Une lumière rouge envahit la pièce,

Je me lève, sans joie, sans allégresse,

Promets de ne plus autant donner,

Elle n’a plus cours la générosité,

Qui n’attend rien, celle spontanée,

Celle des gestes, des actes, des mots,

Celle qui pansent tous les gros maux,

Arrivent et règnent les amitiés déviantes,

Amitiés malentendantes,

Amitiés pressées, fuyantes,

Et les paresseuses, les silencieuses,

Amitiés perdues dans un égocentrisme,

Amitiés partisanes et tristes,

Amitiés timorées,

Amitiés noyées dans la flaque du quotidien,

Amitiés indisponibles que l’on réclame en vain,

Amitiés illisibles, Amitiés risibles,

Et les radines, les économiques,

Les amitiés opportunistes,

Fini le temps du pied levé,

Puisque tout semble compliqué,

Pour se voir, pour s’écouter,

Les familles qui grandissent,

Les camaraderies qui se tarissent.

 

Le matin touche à sa fin,

Je pense à toi, que je perds de vue,

Et si je suis déçu, seras-tu déchu ?

Mes initiatives devenues lasses,

Ne rencontrent plus ton enthousiasme,

Et notre beau navire Friendship,

Prendra vite l’eau, cassera sa pipe,

On aimait pourtant bien la table,

Les mets, et les services affables,

Le vin qui chassait le vilain,

Ouverts nos yeux et nos oreilles,

Loin de nos appareils,

A parler de ce qui réconforte,

Ce qui fait du bien, nous transporte,

Comme autrefois, avant ce nouveau toi,

Déception, décès mon con,

De nos vieilles révolutions,

Déception, des faits, p’tit conne,

Où t’es en scène, toi en couronne,

La place des autres ne peut être,

Qu’autour de toi, de ton petit être.

 

Amis, c’est la famille,

Amis, c’est l’infini,

Cessons tout ce virtuel,

Tous ces détails, à toutes les heures,

Tes vraies nouvelles m’interpellent,

Ce qui compresse, sublime ton cœur.

Laisse-moi porter un peu de ces tonnes,

Qui écrasent tes frêles épaules,

Je ne serai pas toujours vainqueur,

Mais je donnerai tout mon meilleur,

Ecrivons-nous et postons-nous,

Des cartes, des lettres pour nourriture,

Allez, redécouvrons nos vieilles écritures,

Je veux te lire, et deviner,

Dans tes lignes toutes tes pensées,

Oublie l’adresse électronique,

Retiens le nom de ma p’tite rue,

Connue que du Trésor Public,

Quand il réclame son argent dû,

Amitiés peu réelles, crevons ensemble ces bagatelles,

Qui sur une chaise nous ficèle,

Les consentants de la torture,

Intoxiqués, prêts pour la cure.

 

Avant que n’arrive ce soir noir,

Urgemment, il faut s’asseoir,

Ami, soyons anachroniques,

Entaillons l’époque robotique,

Chassons les choses phobiques,

Et retrouvons vite la raison,

Embarquons-nous dans nos passions.

 

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