Quand on va chez le chinois

Quand on va chez le chinois (ça ne se dit plus, on dit « au noiche »), c’est que la fin de mois est dure, c’est par dépit, on n’est pas dans l’esprit « un chinois Sino rien ». C’est juste que les bourses sont bridées (pardon pour ça), qu’on a fait le panier percé, que l’argent est parti en vapeur. Et qu’on ne peut pas se permettre d’aller chez le Jap’, même le miteux au coin de la rue qui n’a de gastronomique ni le nom ni les mets, mais simplement la note, même s’il est dégeulasse. Une note gastronomique car astronomique : deux sushis saumon vous coûteront six euros, six boules, six balles, six « E », un vrai effet ciseaux (tu me crois pas ? Bah guette les prix !) ; et des brochettes bœuf fromage seront tarifées dans les nems eaux.

A ce propos, et c’est une réelle insurrection exprimée ici, quand allez-vous comprendre dans les restaurants japonais qu’on n’en à rien à foutre de vos brochettes aux ailes de poulet ou de cailles, celles aux morceaux de bœuf ou au poulet tout aplatis faites pour des molaires américaines, ou celles aux champignons ou aux coquilles Saint-Jacques a fortiori. NON, on-n’en-a-juste-rien-à-foutre !

N’avez-vous pas compris depuis quinze ans que si on franchit le seuil de vos établissements, c’est parce qu’il existe des brochettes bœuf fromage ?

N’avez-vous jamais entendu durant ces quinze années tous vos clients, absolument tous vos clients, tenter de dealer quatre yakitoris bœuf fromage (oui, on a même appris leur nom en japonais contrairement aux rolls, temakis, gukans, chirashis plus communément appelés D.8, H.14, Q.17, etc. selon les menus) en lieu et place des autres brochettes toutes merdiques ?

Mais vous vous entêtez à nous coller votre assortiment de brochettes qu’on ne reluquerait même pas s’il n’y avait pas LA brochette bœuf fromage. On ne peut même pas faire remarquer au tôlier que d’autres restaurants le font, ce menu contenant quatre brochettes cheeeeeeese, on se fait rembarrer, le tout sur un ton rouge suffisant qui assène un « c’est Maki sais, c’est Maki dis qu’on peut pas faire, et d’abord c’est Maki fixe les prix (merde, il a déjà lu mon deuxième paragraphe !). Tempura les esprits ne sert à rien, on l’a vexé, enfin je crois, Ginseng plus rien.

Bon, je m’emporte, les français préfèrent désormais votre cuisine à celle chinoise, mais pas la peine de tabasser les prix.

Car chez le chinois, on est fixés, on connaît, c’est pas très wok n’ roll : rien n’est bon mais c’est moins cher (ils font même des sushis « en scred »). Souvenez-vous qu’on est en fin de mois, du moins si vous lisez ceci à compter du 23. Vous y croiserez au mieux un ou deux péquins qui ont aussi quelques sushis soucis (non, là j’peux vraiment pas la faire) à joindre les deux Boo. J’exagère, y’a des choses bonnes chez le chinois… Il y de très bonnes choses sans doute… je cherche… oui, oui, il y a des choses bonnes voire excellentes…sans doute… je cherche encore. En attendant, on peut saluer l’accueil car à part le McDo, dans quel restaurant peut-on dire qu’on y va comme on nem ? (plus de cartouche avec nem, mon pull est grillé).

Je cherche… encore… oui, vraiment quel accueil… les laquais et tout…on se sent impérial… (Hum !)… Ah ça y est, j’ai trouvé : le rouleau de printemps, et bien c’est bon, en toute saison… Bon, le problème avec le rouleau de printemps c’est qu’on ne fait pas la différence entre le plastique qui entoure le rouleau et la peau même du rouleau… un peu de zob, d’ailleurs, vous ne trouvez pas ? Mais sinon, c’est pas mal, bien qu’impossible à manger avec distinction.

Et puis, il y a aussi… il y a aussi…tout plein de choses qui font envie et dont on sait qu’elles vous tiendront compagnie dans votre ventre durant environ dix heures après l’ingestion. Oui, le chinois se digère lentement, on a souvent Mao ventre et même qu’on peut avoir envie de déGobiller.

Heureusement, il y a le rituel du saké, petit digestif, servi dans ce minuscule contenant à effet loupe pour ne pas louper pourtant d’inloupables attributs masculins (on regarde toujours dans le saké des filles et on se dit… ouais, c’est la loupe qui fait ça !). Cette boisson au litchi est traditionnelle. Oui, elle est traditionnellement immonde et servie tiède, ce qui amplifie son effet désastreux. Mais comme le dit un ami, « saké chaud, saké bon » (© Guitou, je l’ai même mis en italique).

Non, le chinois, vraiment quand on y va, c’est pas par choix, c’est cantonnais sans le Su, ou vraiment à titre empirique, qu’on a des scrupules à lui préférer le Japonais, à vivre cette vilaine Miso placard laqué qui dure depuis tant d’années. Ou alors pour voir si le gâteau au nougat a enfin été remplacé par des M nem M’s (ah bah si, y’avait encore une cartouche).

Allez Zhou.

Pour vraiment bien manger, pour déguster une divine cuisine vietnamienne traditionnelle, il y a le Paris-Hanoï, découvrez ça ici.

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