Un cri dans la nuit

Un cri dans le sommeil. Lointain, comme au fond du bois vermeil. De plus en plus clair, de plus en plus proche et lancinant, de plus en plus réel, ce n’est pas un rêve. Un œil s’ouvre et se referme. La plainte est moins sourde, elle est même aiguë. Un effroi dans la nuit, une torpeur, un sursaut. C’est mon enfant. Un cœur jusqu’ici au ralenti qui pulse et bat jusqu’en dehors du lit. Un pied à terre malgré lui. L’autre pied contraint de suivre. Des jambes qui flageolent, des yeux qui s’ouvrent enfin ensemble. Un égarement. Par où aller ? A nouveau cet hurlement qui provient de la chambre là-bas, où se situe-t-elle déjà ? Des plaintes comme une balise. Des pleurs comme une sirène. Le souvenir vague du chemin. Une porte qui n’a rien à faire là, une marche de trop dans l’escalier, un mur qui n’était pas là la veille, la brume partout, la table basse dans le genou. Un lego sous la voûte plantaire, une glissade sur un magazine, un « putain de merde ! » hurlé bien fort, une envie de meurtre, une arrivée dans la chambre comme avec une carabine, un gamin en pleurs, assis dans son lit, petite mine. Paraît que doudou s’est affranchi, qu’il est introuvable, qu’il est parti, il est pourtant blotti tout contre lui.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s