Lettre à Renaud

M’sieur Renaud, où-es tu ? M’sieur Renaud où êtes-vous ? Etes-vous vous, êtes vous bien ou bien fou ? Si j’vous vois, Renaud, un jour un soir, marchant, pâlot badaud en manque de Baléares ou prostré au fond d’un bar, en train de siroter un verre de Ricard, je m’approcherais de vous. Vous ne serez plus seul dans votre igloo igloo, dans votre rade, celui au nom trop con, où votre jaune est noir et triste et trop bâillon.

Si j’vouvoie Renaud au fond d’un rade, il m’enverra trouver la lourde, m’invitera à embrasser la foudre, à coucher avec la dérobade, si possible vers la Barbade. Alors je te tue toi, chaque fois que tu écoutes trop cet ange noir au goût abysse, auquel tu donnes le bain parfum anis, tu le bichonnes depuis trop longtemps, tu lui donnes sans doute trop souvent raison, les cœurs perdus c’est bien pour les chansons.

Dans de cinglants refrains, crache tes démons, ton silence devrait parer vacarme, il chanterait à nouveau l’âme ; De toute façon, tes larmes chaudes emmerdent tes glaçons. Allez Renaud, tu manques à tous tes potos, le pluriel de mistral, ça s’écrit pas bistrot.

Si j’vous vois Renaud en plein ballet dans un troquet, j’te tutoierais, j’insisterais pour te parler, je m’accrocherais pour m’attabler, tu me verras déchausser toute réserve, ôter mon « complet » politesse, pour te causer, t’engueuler un peu, sans verve, prendre à ta place un peu d’ivresse, pour te parler, pour t’animer, sans doute aussi mon vieux pour t’aimer un peu, pour croiser tes yeux ciel bleu.

Tu sais de toi je ne suis pas grand fanatique, je t’aime juste bien, je t’aime juste bien. Je n’aime pas vraiment les personnages publics, sauf les humains, sauf les humains.

Si j’te vois Renaud, que tu me tolères à ta table, si j’te vois Renaud, que tu supportes mes fables, je t’enjoindrais de te relever, oui je sais je n’ai aucune légitimité, de ne pas attendre d’être l’invité du bistrot préféré de je ne sais quel auteur. Allez Renaud, reviens bien haut, j’t’écrirais des chansons, pourquoi pas dans l’fond (d’un rade au nom moins con). Et si tu m’écoutes, chanteur, je te raconterai l’histoire de ce petit d’homme, haut comme trois pommes, huit ans à peine, même que mon sang coule dans ses veines. Oui, je te raconterai comment mon turbulent héritier, chante à tue-tête à toute heure, une histoire de beignes, de marrons et de châtaignes, de jambon-beurre et de flipper.

« Couleur café » est détrôné !

N’attends pas que la chienne de vie commette sa crasse, que cette grande tôlière qui lasse nous compromette, fracasse.

A très bientôt, donc. Hâte de te lire.

Atticus Armini

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