Mais qu’est-ce que la vie fabrique ?

Jusque là, jusque là…

Jusque là, c’est comme un immortel que j’ai vécu cette vie de fou, et voilà…

Il y a cette vie de con, cette vie faite de heurs et de malheurs, de turpitudes, de bonheurs, cette vie remplie d’abscons, de soudaineté.

Je me voyais en sortant de cette vie, annuagir au paradis et clamer dans toutes les galaxies « n’y allez pas, n’y rentrez pas, ils sont tous insensés, tous aliénés, timbrés, enragés ; Dans leur existence, tous ces arrogants sont sûrs d’eux, se sentent immortels, perpétuels, ils surfent sur des vagues impatientes dont ils ne supportent pourtant pas l’urgence ni le contrat, celui qui dit un jour, une heure : las, trépas, arrête-toi là ».

Et moi, je ne vaux pas mieux. Et moi, je suis comme eux.

Et puis j’ai vu, je vois encore ton corps foudroyé, ton corps lutter, cet homme à terre, cet ami qui quitte notre air, notre éphémère, notre présent qui sera un jour passé, oublié.

On ne se disait pas en se rencontrant que l’un de nous verrait l’autre commencer à mourir sur un sol, un matin, où tout est rien, un matin où je ne sais quel destin tue, sale assassin !

Un cœur généreux qui lâche si soudainement, qui lutte encore un peu, qui ne s’avoue pas vaincu. Un cœur qui part, reviens, repart, mais qui finalement s’éteint.

Un cœur qui cède. Un putain de cœur prétendument râblé qui rompt, qui bâche. Un cœur musclé qui jusque là courrait et supplantait le commun des mortels, un organe affûté qui se casse un jour, lutte des heures et des heures, un cœur si fort et long mais pourtant fourbe car à la fin trop court ; Sans doute n’aurait-il battu qu’une seule minute s’il n’était pas aussi résistant face à cette funeste dispute.

C’est tel un mortel que je me présente à vous. C’est tel un choqué, un homme humblement sidéré que je sais quelle vie je loue, je finis de réaliser toute notre instantanéité.

Hier la mort a frappé ici, elle a recommencé trop de fois depuis.

La veille tu étais fort et bien, tu étais volcanique. Au petit matin de cette sinistre journée, tu as pris ton café, la journée s’annonçait athlétique, tu n’étais que kilométrique, et puis la mort est arrivée. Que s’est-il passé ? Mais qu’est ce que cette putain de vie cynique fabrique ?

Rien ne tout cela, rien de tout cela ne devrait arriver en un claquement de doigts.

Cette conne, parfois belle, t’a arraché de là,

Cette conne, parfois miel, a imposé sa loi,

Te voir mourir puis te fleurir,

Te voir mourir doit nous nourrir.

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