Organes aimants

Pauvre toi, t’es encore vif alors comme ça !? Tu ne refuses toujours pas la douleur qui t’ arrache ? Tu continuerais même d’aller la chercher en décidant d’aimer ? Que tu es con ! Tu n’es plus dans le coup ! Et que rapportes-tu là ? Un cœur qui reste sourd ! Timide et jamais prêt ! Mince, mon gros, s’il était juste paresseux, on le sommerait de rester au lit, qu’il se transforme en fesses, offre ainsi à Queue le meilleur du mieux ! Tu sais que cette patiente cherchera toujours le putsch que tu as maîtrisé jusque-là.

Tu vois Coeur, il y a que ton enthousiasme te crée de l’asthme. Tu ne cesses de vouloir sentir en toi des piques aigus et toutes les choses graves, tu es le nuisible voisin du haut, tu jettes comme un richard, aux pieds qui vivent au rez-de-chaussée, tes jours et nuits de fête. Tu es enivré de basses, tu es narcissique et provocateur, tu aimes que par les artères ta folie passe, que chaque organe te voue un culte, t’adoube quand tu respires, inventes, t’emportes, t’excites, t’exaltes, t’embrases, t’enivres, t’enflammes, exploses, bats la chamade, bats le rythme, bats fort à t’en fracturer le myocarde.

Mais mon vieux arrive ce jour où tu n’es plus spécial, tu n’emballes plus ! Toi tu dis « Quoi ! Comment ça, on ne se jette plus sur moi ? Moi je sais toujours convaincre les autres cœurs, même les plus lents, les moins clients ? ». Tu crois toujours pouvoir aimer, attraper, tamponner, caresser, protéger, porter, mais même si ces autres cœurs pusillanimes, dans une once d’abandon, pouvaient aimer ça, sache qu’ils ne s’abandonnent plus. Frileux qu’ils sont car trop jeunes ou trop vieux. Ne te dénature pas, ne change pas, ne tente pas d’être plus doux ou plus viril : tu n’es plus au point pour inverser toute tendance, c’est tout ! Mais rassure-toi, Queue non plus n’est plus dans le coup ! Bien oui, j’ai déjà essayé de te le dire, de vous le dire à tous les deux, les organes aimants trop battants, trop gourmands, ça fait peur de temps en temps. Je m’en fais surtout pour toi, Coeur, vos exigences à tous deux diffèreront avec les années. « Est-ce à dire que je ne sais qui peut devenir l’élu ? », me demandes-tu. J’en sais rien, je sais juste que quand Queue élira je ne sais qui, je ne sais cul, tu en seras encore à t’effarer de faire face à la retenue.

Et puis, comment te dire ça : prépare-toi à être déçu, cesse pour de bon d’y croire, si tu continues dans cette voie, tu pourrais crois-moi être crevé, arraché, transpercé, saigné, poignardé, ça finira dans une grandiose histoire de pieu, si ça peut te consoler. Mais ne t’inquiète pas, j’appelerai un Roi de ta couleur, au tarot parfois, en pensant à toi. En attendant, sois moins exigeant.

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