On sera toujours emmerdés !

On aura trouvé tous les vaccins possibles contre toutes les saloperies, on accédera à la lune comme on atteint la mer. On ne polluera plus car on aura compris.
On aura évolué : mais on sera encore emmerdés !
On n’aura enfin plus de poils. La nature aura elle aussi bien compris. Pourquoi d’ailleurs l’évolution n’a-t-elle pas encore saisi qu’on n’a plus besoin des poils, on s’en fout des poils, on passe notre temps à les raser, les couper, les faire disparaître… On s’en fout, on s’en contre-fout, on s’en fout des poils mais à un point ! On veut bien garder les cheveux à la rigueur. Les filles aiment bien ça ! Elles jouent avec et dépensent plein de sous pour eux. Et puis il n’y a qu’à voir aussi l’état désespéré de tous ces hommes qui perdent leurs cheveux (ces étourdis !!) pour estimer, qu’à la rigueur, on peut garder les cheveux.
On n’aura plus de poils, donc, les voitures voleront plus qu’elles ne rouleront, on aura les pouces plus longs que les majeurs, à force de tapoter sur les claviers, sûr qu’on aura vraiment bien évolué : Mais on sera toujours emmerdés !

On sera emmerdés, toujours enquiquinés ! Oh oui on sera toujours ennuyés !
Car il faudra toujours le faire, se la taper !
Il faudra encore s’y coller, se la cogner !
Même dans un million d’années !
Il faudra toujours s’y soumettre !
Il faudra toujours tenter de GLISSER CETTE INFÂME COUETTE DANS CETTE PUTAIN DE HOUSSE DE COUETTE !

Non mais quel calvaire ! Quelle plaie ! Rien ni personne ne peut vraiment le faire pour soi ? Je crois que c’est une des choses les plus contradictoires au monde : plus on s’adonne à l’acte, plus on est nuls !
On sera télépathes, on ne connaîtra plus de famine, on pourra même se téléporter. On aura évolué : Mais on sera encore emmerdés !
Les femmes auront le sens de l’orientation au volant des vaisseaux spatiaux, les hommes auront des sexes plus petits qu’aujourd’hui (mais des cheveux) : la nature aura compris que les hommes ne vont de toute façon jamais au bout des choses, à quoi bon porter du long ?
Mais on sera toujours emmerdés, démunis face à la couette !

Mettre la housse de couette, ça nous rend bête, nous complexe : c’est comme si toute la décontraction possible du cerveau était mobilisée dans cet espace-temps ; monter un meuble Ikea sans la notice est bien plus aisé.
L’être humain devant une couette et sa housse, c’est le même combat que la poule qui trouve un couteau, que la vache qui regarde un train passer, on se sent con ! On connaît le mode d’emploi, pourtant : un coin de la couette dans un coin de la housse, paf ! C’est comme retourner une chaussette. La séquence tableau noir est aisée mais sur le terrain c’est cruellement difficile.
Personnellement il m’arrive d’attendre, un temps, que les deux s’accouplent. Oui, j’attends, voyeuriste, que l’une enfile l’autre. Je me suis mis à la méditation exprès pour ça, pour opérer cette forme de sorcellerie tantrique. Rien que pour l’accouplement de la couette et de sa housse, rassurez-vous, je ne tente rien sur vous.
Je me concentre dans un coin de la pièce et j’espère créer un miracle.
Si un moine bouddhiste peut bien voler en tailleur (la position, pas l’uniforme de la femme apprêtée pour le bureau) rien que par la méditation, je peux bien commettre ce prodige domestique de mon côté !
Oui, j’attends dans une concentration extrême, j’attends l’accouplement de la couette et de la housse. Je les pose sur le lit, et j’envoie charmes, magies et sortilèges.
Et au bout d’une heure de concentration, invariablement, c’est la grande abstinence. Je passe aux choses moins spirituelles, je tente de les exciter : j’enfile délicatement la taie sur l’oreiller, comme on roulerait vers le haut le bas d’une dame le long de sa jambe, pour mieux le retirer.
Mais comme d’habitude, rien.
Comme d’habitude, elles vont jouer…à faire semblant.

J’entreprends alors de fourrer la couette dans la housse, tout en songeant qu’il me faudra décidément me faire rembourser ces infructueuses heures de médiation.
J’étale la housse de couette sur le sol du salon et j’évalue la meilleure stratégie. A y est, je sais : pas de stratégie, on fait comme d’hab, on bourrine.
Je rentre dans la housse comme on rentre dans une grotte, pas très serein avec la peur de croiser le Yéti, l’Orang de la housse (dois-je m’excuser là ?).
J’y pénètre accompagné de la couette que je tire par l’oreille. Il fait noir, très noir. Heureusement, j’ai ma lampe frontale. Je ressors 5 minutes 20 après mon entrée, et pas peu fier, pour contempler mon œuvre, depuis la mezzanine : Victoi… ah bah non, la longueur est dans la largeur !
J’y retourne. Je rentre dans la couette, il y fait noir, toujours noir, j’opère toujours à la frontale. Je tente d’effectuer une rotation à 90 degrés de la couette, pour la recaler, enfermé dans ce milieu hostile… Bref, une technique audacieuse de quatrième année de Couettologie. Ne tentez pas ça chez vous !
Naturellement, je faillis. Evidemment ! Je ressors de la housse au bout de 9 minutes 24. Avec la couette. J’y retourne avec elle, encore, toujours en la tenant par l’oreille (une autre), le noir, la frontale, bla bla.
Je ressors.
1 minute 23 : record battu ! Je fais un selfie devant le chronomètre comme le fait Usain Bolt, devant ses meilleurs temps.
Je prends à nouveau de la hauteur pour contempler mon œuvre et me vénérer, le champagne pourra bien couler, je vais organiser une fête, c’est pas possible une telle facilité, c’est insolent, c’est magnifique, c’est, c’est oh putain c’est à l’envers ! On voit les coutures de la housse !
Oh puis mince, ça fera l’affaire pour cette fois !
Ça peut faire l’affaire pour cette fois ?
On voit un peu les coutures quand même !
C’est pas grave de voir les coutures, nan ? Si ?
Hein, c’est pas grave de voir les coutures ! Si ?
Bon, j’aime pas trop voir les coutures !
En vrai, ça fait vraiment dégeulasse de voir les coutures!
Je déteste voir ces coutures !!!

Je craque, j’en peux plus ! Putain de housse, satanée couette, quand l’enfer se cache dans le douillet !
SOS ! Medey ! Help !
J’veux bien un coup de main ! Y’a pas un être qui n’aurait pas tout à fait le sens de l’orientation sur les voies terrestres mais qui se repère dans une grotte en coton (Et bientôt dans l’espace) ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s