Lettre de motivation

Madame, Monsieur (je ne sais pas pourquoi on ne dit jamais Mademoiselle, peut-être pour faire comme les présentateurs de JT).

Madame, Monsieur donc, actuellement en poste mais quelque peu en prison, dans une boite où je deviens aussi sec qu’un saucisson, qu’un raisin, qu’un coup, je tente de simplement faire (à défaut de rayonner) ce pour quoi j’ai été embauché : satisfaire le client. Malheureusement, ce que j’aime faire, les contacts noués, les relations confiantes, écrire des pages, tout cela est sacrifié sur l’autel du cercle du copinage. Toute compétence, tout effort, tout mérite semble se heurter à des choses qui ne sont désormais plus si secrètes où semblent régner le cul et la b…Itérativement, je sens mon sang bouillir face à l’incompétence de personnes nouvellement embauchées comme ça, l’air de rien, sorties de nulle part auxquelles il m’est m’est soudainement enjoint de livrer respect et déférence, au lieu de donner à mon cerveau de quoi frémir, de s’enivrer de stratégies, de développement, de perspectives. Au lieu de cela, ce cœur à l’ouvrage en plein naufrage regarde l’œuvre jusque-là accomplie cuire, et s’assécher. Les managers fraîchement entrés, d’on ne sait où, comme de retour du désert, prennent, entrée, plat, dessert. Ils se gavent de tout et tout ce qui nous était interdit jusque-là leur devient autorisé ma foi.

Oh Madame, Monsieur, et allez, Mademoiselle, votre annonce me fait pousser des ailes, tout ce qui y est décrit respire le travail sain, la valeur, la qualité. Et en plus y’a des RTT…

J’évolue sur des échiquiers politiques, des situations mouvantes, savoureuses et audacieuses. Ô que j’aime ça, que j’aime mon job. Je respire en externe avec mes interlocuteurs des oxygènes bien meilleurs, ils ne se doutent pas qu’à l’intérieur, c’est le vomi, le placement des maîtresses, des amis, des petites sœurs. J’évolue parmi les zombis, c’est walking dead, talking bed, dénoncer le cercle, c’est se prendre le couvercle. Le zob a raison de mon job, ça y est je suis identifié irrespectueux et rebelle.

Moi qui ai fait du droit par amour. Non pas par amour du droit mais par amour de celle qui épousait ce cursus, j’ai toujours pensé que le cœur était le meilleur des aiguillages. Pauvre con, je le pense encore à mon âge. Je serai toujours trop jeune et trop naïf pour penser que le cul, vieille vérité, peut valoir CV. Je suis un compétiteur de feu, mais ma race est supplantée par les mangeuses de… Que faut-il faire ?

Madame, Monsieur, Mademoiselle, j’aime votre annonce de serveur, j’aime le service avec le cœur, et je prendrais si vous me boudez sachez-le, tout poste de balayeur ou d’éboueur, et tant pis pour le salaire et la galère infâme, car je ne me vois faire chaque jour qu’un bel usage de mon âme.

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