Prononcer « LinkedIn » et autres contrariétés phonétiques

Chers tous, cher toi,

Y’a un problème avec LinkedIn, chers amis, il y a un énorme problème !

En dehors du fait, qu’on y est tous bien coiffés, présentables, parce qu’on semble tous y jouer notre vie….
En dehors du fait qu’on y consulte le profil de gens avec lesquels (ou dans la boite desquels) on voudrait volontiers travailler (dans l’espoir vain de s’y faire remarquer par le visité qui sait qui consulte son pedigree)…
En dehors du fait que je ne dois pas vraiment savoir comment bien m’en servir…

Il y a cette réelle difficulté : personne ne sait prononcer le nom de ce site, LinkedIn.

–  » T’es sur Linequ’dine, toi ?
Sur quoi ?
Sur Linequ’dine !
Ah LineQUEUdine, tu veux dire ! (pas mieux)
Bah oui Linequ’dine, c’est ce que je viens de te dire ! « .

(la solitude à deux).

LinkedIn vient donc rejoindre, la conversation ci-dessus l’atteste, LE Panthéon des mots professionnels qui abritent la grosse complication de prononciation voire le drame d’une vie professionnelle ; Parmi eux, il y a :

  • bien entendu, tous les les mots en « isme ». « Le mécan-imse de cet organ-imse m’interroge sur son professionnal-imse » étant la phrase combo la plus redoutée et sujette à de nombreuses périphrases pour ne pas avoir à la citer texto.
  • le délicat YouTube / YouToube / Youtiube / Youtioube / Youteube.
  • et le mot, le maître, sans doute encore l’indéboulonnable : Powerpoint !!

Certains d’entre nous, pauvres de nous, honte à nous, se sont même résolus à l’appeler le PPT, en référence résignée à son suffixe numérique, lorsqu’on enregistre ce format de diapositives sous un dossier de l’ordinateur. Ça donne « statsRH_ trimestre3.ppt » ou encore « présentationquidonnelesmainsmoites.ppt ».

Dire PPT, ça évite ainsi de dire des horreurs telles que : « Au fait, je t’ai envoyé le poweurpointe, ce matin, tu l’as bien reçu ? » ou encore « J’ai bien aimé ta préz sur povairepoing, mais je sais pas m’en servir ! » (évidemment !). On passera aussi le sombre et alcoolique buveurpinte, le hardi power-pain (que j’attribue plutôt aux merveilles farineuses quotidiennes commises par mon boulanger préféré) et le trop plouc pover-pouinte, qui sonne comme un pouët-pouët, qu’on ne peut décemment pas prendre au sérieux. Pour ma part PPT, je m’en sers pour distinguer mon pépé T., comme Théodore (oui, son prénom quoi !) de mon pépé Quentin (#PPQ), mais ça n’intéresse personne.

Les difficultés liées à la prononciation des outils professionnels semblent donc ne jamais s’arrêter puisque LinkedIn, ce réseau social professionnel né en Californie, est doté de son lot d’apparitions verbales hasardeuses et non contrôlées, à la faveur de surcroît du degré de fatigue de celui qui tente d’articuler. Pourtant, les forces actives françaises ou en recherche d’emploi essaient de faire de leur mieux, en faisant allusion au site de rencontres professionnelles miraculeuses, bien qu’ils y affichent parler un anglais courant, quoi qu’en fait bien mal acquis, sur leur profil doté parfois d’un éloigné (de la réalité) portrait photographique aux allures de photo individuelle de CM1 ou de communion.

Et ça balance des: « Leak.King.Ding », « Li.Ki.Dine », « Lit.queue.digne » (happy.for.you !), « Linqu’dine » (donc), « Nique.line » (happy.for.you 2 !), c’est dégoûtant !

giphy

Putain mais merde, pardon je m’énerve, purée mais zut et flûte, tu sais décomposer un mot et tu sais parler un rudiment d’anglais. Répète après moi :

Link
Link + ed = Linked
Linked + In = LinkedIn

Alors prononce-moi ça en bonne et due forme (ou en bonnet difforme, comme tu veux) :

Linkkkkk…entrechat vers le ..’d…attention grand jeté vers le suffixe…In… : LinkedIn.

Youhou, dès demain, t’es un autre homme !

giphy-2

Et arrête de dire que tu es sur :

Kindle (c’est pas ça, mais c’est sans doute bien !),
WikiLeaks (nan, toujours pas, ou alors t’as des soucis !),
Lenny Kravitz (même si tu en fantasmes).

giphy-1

– Did you just call me, baby ? 

Ou alors privilégie Viadeo, puisque depuis un an seulement tu as cessé d’appeler ce site franchouillard Vadéo. Tu sais que ça me faisait horreur. Vadéo c’est le fils de mon loueur de paddle à Tahiti, et c’est aussi un peu mon pépé Théodore, oui, lorsqu’il se débarrasse de son dentier, après le dîner, et qu’il devient philosophe. Oui, tu lis bien, je t’explique : alors qu’il polit sa denture déchaussée, bien assis dans son canapé (oui je sais c’est dégeu), comme on cire les pompes sur LinkedIn (ça aussi c’est moche), le PPT déclare dans l’infinie décontraction de celui qui n’a plus rien à prouver, ni personne à séduire, et qui n’est que gencives :

« Dans la vie Va-dé-o, et va des bas ! »

Tu vois bien que tu ne peux pas en être là, alors applique-toi, s’il te plaît, je t’en conjure !

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