Comme un week-end

Le week-end est à n’en pas douter le duo de jours le plus attendu de la semaine.

Souvent le plus affranchissant, le plus accomplissant, parfois le plus fatiguant ou le plus décevant.

Le week-end est supposé s’habiller de liberté, de repos, d’effervescence, de moins ordinaire ; on en attend toujours beaucoup, on en fait toujours bien bien trop, la « to do list » du week-end est un papyrus qu’on déroule jusqu’au sol.

Version Automne/Hiver :

Mais en fait, le week-end est parfois étrangement inégal : un samedi où l’on est lièvre, un dimanche où l’on est tortue. Le papyrus est donc essentiellement déroulé le samedi, jour où l’on reste sur sa lancée, où le dynamisme du travailleur est désormais au service de ses centres d’intérêts et de ceux des siens : on en a plein les pattes, mais pas encore assez, c’est le jour il faut tout caser, absolument tout caser, « pour être peinard » le dimanche. Des courses, des allées et venues, des allers-retours, le tout dans un temps très serré et minutieusement séquencé, pour être un hôte ponctuel en soirée.

Samedi, dimanche, des jours qui ne se ressemblent pas, faux jumeaux de leur état, Lire la suite

Comme un vendredi

Vendredi, c’est un jour où les échoués trouvent des sauvages sur les îles désertes et se lient d’on ne sait quoi avec eux. Du moins, l’on recense un cas.

Il faut dire que c’est le jour de Vénus, le jour des amoureux, celui de la séduction et des rencontres. Robinson est donc tombé logiquement, un vendredi, sur son petit sauvage éponyme.

Quand je mentionne « tombé sur », je ne dévoile pas des épisodes tus par la littérature, et dont j’aurais eu connaissance. Je ne me permets d’ailleurs pas de juger de la sexualité respective, et éventuellement partagée d’un naufragé et d’un indigène.

Après tout, que ferait-on à la place de Sir Robinson ? Je vous renvoie à la question que l’on vous a tous posée un soir, à l’occasion d’un dîner intégrant un judicieux breuvage : « tu ferais quoi, toi, sur une île déserte si tu te retrouvais avec une personne du même sexe ? ». Lire la suite

Comme un jeudi

Mesdames et Messieurs, s’il vous plaît, de la déférence, de l’allégeance, et vous le lirez bientôt, de la compassion, pour célébrer le plus célèbre des Dieux.

Le jeudi, c’est le jour de Jupiter (Zeus), Père de tous, des Hommes et de leurs Dieux. C’est le jour du grandiose, ce n’est pas pour rien que la plus grosse planète de notre système solaire s’appelle ainsi : 300 fois plus grande que la Terre, pour votre information, autant vous dire que l’équivalent d’un Paris-Auckland sur la Terre, devient un Paris-Bombay sur Jupiter.

Vous n’imaginez pas comment je me suis emmerdé à vous trouver ça.

Le jeudi, donc, c’est le jour de l’homme à la statue pourvue de gros pectoraux et d’un sexe ridicule. Je ne sais pas qui était ton statuaire, Jupiter, mais il t’en voulait, c’est certain. Heureusement, en termes d’attributs, il y a ton foudre, de guerre sans doute, objet tridenté semblant capable, lui, d’envoyer des éclairs. Lire la suite

Comme un mercredi

Jeune enfant, j’ai détesté ce jour chaque fois que je n’allais pas au centre aéré. On dit centre de loisirs maintenant. C’est vrai que le centre aéré, c’était un terme qui ne seyait pas toujours bien, lorsqu’en hiver, ma génération se retrouvait dans les bungalows de type « Algeco » à faire sans doute des activités proches de ce que font les enfants des années 2000.

Enfin quand je dis ma génération, c’est vite jeté sur le papier, car il y avait aussi les grands. Dans mon souvenir, les grands étaient … bah bien grands, putain ce qu’ils étaient grands.

Je me souviens d’un gars en particulier, qui parlait comme résonne une contrebasse. De quoi dénoter avec ma voix fluette plutôt du style flûte à bec.

Je lui aurais donné 15 ans, il devait en avoir 8 ou 9. En repensant maintenant à son physique, je crois que mon souvenir lui attribue une barbe naissante. Comment ça j’exagère ? Lire la suite

Comme un mardi

Le mardi, tout est permis. La semaine est lancée, c’est parti : « pump it up » !

Dans le monde « corporate », les téléphones se déchaînent, on est criblés de mails, les réunions ont leur droit de cité, on ne parle plus du week-end.

Le mardi, c’est un jour idéal pour que quelque chose se passe : avoir une bonne nouvelle par exemple. Figurez-vous que ce jour (vert selon la charte graphique de Télé 7 jours) semble contenir de l’espoir, de la jovialité.

Un jour parfait pour apprendre que vous avez gagné au loto, pour recevoir le courrier par lequel l’employeur notifie l’augmentation de salaires, malheureusement trop petite, pas de quoi jouer le Fosbury de la tranche fiscale, pour apprendre une prochaine maternité, pour Lire la suite

Comme un lundi

Ce jour, putain ce jour.

Lundi, jour de la lune. Il porte bien son nom celui-là : le lundi, c’est sur la lune que j’habite.

Le lundi, c’est le jour du retour à la réalité, du retour au rythme trop connu, du rythme qui surine.

En se réveillant le lundi, il faut déjà le savoir qu’on est lundi. En effet, 60 heures sans montre le week-end et j’ai du mal à savoir ce que je suis : minéral, végétal ? Ah non, c’est vrai je suis humain, avec des délires d’humain qui doit aller au travail pour sortir de l’animalité et occuper une place dans la société. Bon bah ok, allons-y alors. Lire la suite