A comme Amour – côté face

Nous partons en voyage.

J’aime me rappeler des jours où nous errions près de la station à se demander si nous allions prendre le plus beau des trains.

Finalement nous le prenons avec une hâte qui n’a d’égal que l’évidence du voyage.

Avec des valises un peu lourdes, parfois non prévues, chargées de décisions que l’on espère bonnes, de failles, de culpabilité, de doutes, de déceptions, que sais-je encore, et qui nous accompagneront durant tout le voyage, comme un prolongement de nous-mêmes.

Mon baluchon te paraît lourd ? Rassure toi tu ne le porteras pas, je ne te demanderai jamais cela.

Et puis son poids variera : des affaires que je ne souhaiterai plus porter, d’autres qui Lire la suite

A comme Amour – côté pile

Enfin.

Le mien comporte de l’espoir.

L’amour dans la postérité, du moins éprouvé comme s’il pouvait être éternel.

Je le vis pleinement sinon il est vain ; sans confiance, il est défiance ; sans don de soi, il n’existe pas, il est quotidien, dans l’heure et dans la minute ou alors il n’est rien, s’il est vache, s’il est chien, à coups de hache, on y met fin ; dehors les doutes, les vilaines manies, outre l’amour, j’accueille la confiance, cet hôte que je n’attendais plus.

Et si aimer ainsi, c’est tout nouveau dans mon pays, sachez que Lire la suite

Z comme Zique

A certains, la musique ne parle pas.

Quant à moi, elle m’a pris jeune, m’a toujours accompagné, et ne m’a jamais quitté.

Elle est présente quotidiennement. Le matin, le midi, le soir. Parfois même sans discontinuité du matin au soir, tout simplement.

J’en profite pour répondre tout de suite à ceux qui me disaient, il y a 20 ans, que je serai complètement sourd à 30 ans, à force de me droguer au son. Et bien vous aviez tort, je ne suis pas complètement sourd, je ne suis sourd que d’une oreille. Lire la suite

Y comme Yuppie

Comment ça, vous ne savez pas ce qu’est un Yuppie !? Elle vous apprenait quoi votre prof’ d’anglais, vous ? Remarquez la mienne était branchée « Psy », alors elle mettait des « shrinks » à toutes les sauces, dans tous les textes à étudier. On étudiait ses textes, et elle nous étudiait en train de ne pas vraiment les étudier.

En tout état de cause, ça n’a pas empêché le Yuppie de venir sur le carpet à un moment donné. D’ailleurs le Larousse aussi, il connaît le Yuppie.

Que nous en dit-il ? : « Jeune cadre dynamique et ambitieux ».

Tout à fait moi ça.

Jeune : vos gueules hein!,

Cadre : mon contrat de travail le dit,

Dynamique : pas forcément là où on m’attend,

Amitieux : là j’ai un problème.

Et bien c’est de ce problème dont je suis venu vous parler mes shrinks : je ne suis pas Lire la suite

X comme X-OR

X- OR, ah X-OR, comme tu m’as fait rêver quand du haut de mes 8 ans, je regardais tes aventures héroïques, quand tu me donnais envie de posséder une jeep et des mitaines en cuir.

J’aimerais te rendre hommage. Quand je dis « te », en fait je ne sais pas qui : le personnage à l’apparence terrienne, le robot que tu devenais, l’acteur qui l’incarnait.

Sans doute un peu des trois. Alors quand je dis « te », c’est vous 3 trois, même si j’aimerais rendre surtout hommage à cet acteur aux 3 expressions sur le visage, dont la meilleure est celle du type menacé aux yeux de merlan frit, qui conduisait la jolie jeep Suzuki :

Ladies & Gentlemen … Mister Kenji Oba !!! Lire la suite

W comme Wagon de RER

Ah le RER ! Qu’il le prenne dix fois dans l’année ou dix fois dans la semaine, l’usager normalement constitué n’aime pas s’y attarder. Je les ai tous essayé, le A, le B, le C, le D et le E.

Le résultat est le même : c’est glauque ! Et j’ai beau me dire que je prends le rouge, le bleu, le jaune, le vert et le rose, rien n’y fait, je ne me bisounoursnise pas pour autant. La faute à qui, à quoi ?

Au RER en lui-même déjà, son aspect extérieur pour commencer : ce n’est pas un train comme les autres, c’est un train que ses concepteurs des sixties n’avaient pas envie de dessiner :

– « Bon les gars, on va pas s’faire chier, il sera tout carré.

– Même pas un peu d’arrondi sur la loco, chef ?

– Oh bah oui mon Jean-Jacques, t’as raison, tu veux pas y foutre des fleurs aussi ? Lire la suite

V comme VIP

Je me suis réveillé un beau matin, sans doute moins beau que lui, en réalisant que j’avais rêvé d’eux, que je leur avais parlés.

Des gens que je ne connais pas, des gens dont les conversations et la compagnie m’auraient sans doute donné un autre éclairage dans la vie. Des personnes auxquelles j’aimerais fournir un forfait illimité pour s’asseoir à ma table, ou pas, et taper dans la bonne bouteille.

Des êtres triés sur le volet.

Ca pourrait être ceux que j’admire un peu ou au contraire pour lesquels j’ai une profonde aversion, vivants ou morts, personnifiés ou non,  je les inviterais, les ferais boire pour obtenir des réponses. Du moins une réponse, puisque si l’occasion m’était donnée, je leur poserais une question fermée.

Je vous donne la liste de mes invités et les questions et réflexions qu’il me tarauderait de

formuler :

Jim Morrisson pour savoir jusqu’où il est allé sous l’emprise du LSD,

Boris Vian pour savoir s’il savait que ses jours étaient comptés, écumés, lorsqu’il écrivait urgemment,

Serge Gainsbourg pour savoir s’il avait déjà écrit sobre,

Oscar Wilde pour qu’il me donne quelques nouvelles citations bien senties,

Michaël Jordan pour savoir ce qui lui a pris en juin 91 pour décider en 0,03 secondes qu’il ne dunkerait main droite pour préférer son mouvement main gauche qui a cloué la planète, savoir aussi ce que ça fait de planter 6 tirs à 3 points en une mi-temps en 1992, lors du premier match de la finale NBA,

Steve Mc Queen pour parler moto,

Yul Brynner pour toucher son crâne,

Alain Bashung pour qu’il chante Madame Rêve,

James Dean pour parler photos et lumières,

Mohamed Ali pour quelques cours de speechs arrogants qui envoûtent le monde,

Renaud pour lui payer un Ricard,

Winston Churchill pour avoir son regard sur ce monde qui s’effondre,

Salvador Dali pour lui dire que je ne comprends rien à ses œuvres oniriques,

Jean-Jacques Rousseau pour philosopher autour du contrat social,

Sigmund Freud pour qu’il analyse mon blog, et n’en tirer finalement aucun enseignement,

Simone Veil pour lui dire qu’elle a eu raison,

Robert Badinter pour évoquer la peine de mort,

Le Cancer, le Sida, le Sapho pour leur dire que ce sont des enculés,

Kareem Abdul-Jabbar pour revenir sur ses moments de solitude à faire face au racisme,

La beauté physique pour lui dire qu’elle est moins belle que l’âme,

Pierre Desproges pour mettre une ambiance cynique avec ses phrases fleuves cinglantes,

Coluche pour qu’il parle moto avec Mister Mc Queen, et nous gratifie de quelques blagues,

Les frères Lumière pour les remercier,

Gutenberg pour les mêmes raisons,

Patrick Dewaere pour lui dire qu’il a fait une connerie,

Jigoro Kano pour sa philosophie du respect et de la nécessaire optimisation de l’énergie,

Albert Camus pour des explications de texte et des joutes littéraires avec Boris,

Johnny Cash juste pour entendre sa voix caverneuse dire « Hello, I’m Johnny Cash »,

Joaquin Phoenix pour faire plaisir à ma chérie,

Et aussi la mort pour le plaisir de la refouler …

Et aussi et surtout mes vrais invités, ceux desquels je ne pourrais supporter un refus, une impossibilité de venir s’attabler :

Mes grands-parents.

Pour faire leur connaissance, pour parler de la dureté de leur vie, pour évoquer l’Algérie, la seconde guerre mondiale, des bons choix qu’ils ont faits, des coups de pied de bochs dans la tête, de notre vie d’enfants gâtés, de mon manque, de leur absence dès mon origine, pour les serrer fort, pour sentir leur cou en les embrassant, pour pleurer de ne pas les avoirs connus, pour les entendre dire que je m’effondre sans doute ridiculement en pensant trop à eux, que de leur temps, ils ont tout pris et qu’ils n’avaient plus rien à prendre, que je ne saurais qu’en faire de même.