Et je le fais

On m’a dit à l’école faut travailler,
On m’a dit faut faire des études,
On m’a dit faut avoir une situation,
On m’a dit faut bien gagner sa vie,
Et je l’ai fait.

On m’a dit faut courber l’échine,
On m’a dit sois moins compétent, plus corporate,
On m’a dit faut rentrer dans le cercle,
On m’a dit faut te placer, tout accepter,
Et je l’ai pas fait,

On ne m’a pas dit ne sois pas frileux,
On ne m’a pas dit sois manuel, ça vaut de l’or,
On ne m’a pas dit crois en toi, t’es fort,
On ne m’a pas dit qu’est-ce t’en as à foutre.

Et je le fais. La vie n’a jamais été aussi courte.

[La Diva qui t’emploie]

sans-titreElle harangue les foules,
Aime décider même quand elle coule,
Elle patronne, façonne, maçonne, elle évolue dans sa mafia,
Sans aucun besoin de besogne, cela va de soi,
Le droit de vie et de mort sur soi, qu’elle croit,
Elle a le sens de la communauté, celle des élites où elle aime barboter,
Pour le reste, elle claque des doigts, personne ne signe pour ça
Elle rêve de lauriers, croit en son immunité,
Que le putois aime sa réputation ! Que les dévots sont faux,
Ce que le roi aime l’illusion, quel cabot !
Cette diva-là est masculine mais elle est émasculée,
Il crée des lignes, des mondes dérégulés,
Il est lâche et menteur, il est menteur et lâche !
Il charge les autres de te tuer, de t’enrouler dans la bâche,
Il faut être beau, avoir bonne mine,
Pour les clubs, puis pour la chasse et pour le green,
Diva fraye avec ses pairs effrayants, le paon parade tout défrayé,
Il touche l’argent qu’on ne voit pas, les dévots aiment bien être baisés,
Putois se prend pour un beau lion, il va et vient dans la lumière,
Il quitte la scène et passe derrière,
Il manigance dans la coulisse,
Atteint l’équilibre sur tout ce qui glisse,
Il est paranoïaque,
Hypocondriaque,
Dès fois que Dieu lui règle son compte à l’ammoniaque,
Au sein de sa légion d’horreurs, il est cultivé, cite les auteurs,
Il est handicapé dès qu’il quitte sa riche cité, ses hauteurs,
Sur le corps social, il est un vilain kyste,
Le putois trublion côte sa part du lion, égoïste,
Le Divin ne couvrira jamais sa crasse :
Diva ne voit Dieu que devant sa glace,
Dans ses moments triomphaux, Sa Seigneurie ne partage aucun gâteau,
Sa Majesté élève, puis descend ses vassaux,
Diva laisse pourrir ses vieux laquais dans le caniveau,
Sa Sainteté n’aura plus de cordes quand retiré des affaires,
Elle n’aura plus de voix,
Sa Papauté n’aura plus de horde quand il saura proche de l’enfer,
Que ç’a toujours été sa voie,
C’est ça connard tu vois, d’être le bâtard du paon et du putois.

« Apprenez que tout flatteur / Vit aux dépens de celui qui l’écoute » (Le Corbeau et le Renard)

Election dice

Torn in the USA ?
Smells Like Hil’ Spirit ?
Image in ?
One ?
Sabotage ?
Art of gold ?
Thriller ?
American Rhapsody ?
Like A Rolling Poll ?
I Can Get Now Satisfaction ?
Like a Prayer ?
Me, Myself an Die ?
God Save The Queen ?
Sweet Child O’Minnesota ?
Washington Calling ?
Hotel Florida ?
Stairway To Even ?
I Will Always Loose You ?
Life On Mars ?
Over The Rainbow ?
Regul(h)ate ?
What’s Goin’ On ?
Creep ?
Respect ?
Family Affair ?
Dancing Queen ?
Cream ?
Good Vibrations ?
No Woman No Try ?
Hallelujah ?
Every Earth You Take ?
Stand By Me ?
Gimme Shelter ?
Sultans Of Win ?
My Generation ?
Dancing In The Threat ?
When Doves Try ?
New York Yew Work ?

jezuckerberg.com

Facebook, mon Père, je me confesse à Vous car j’ai pêché !

J’ai la ligne mais pas l’appât (rat!) pour être Votre plus dévoué disciple. Vous en avez déjà tant de toute façon !
Il y a que je n’ai pas trop fréquenté Votre église récemment, mon Père pardonnez-moi, je sais que Vous y tenez.
Pardonnez-moi car je dois bien Vous l’avouer, je ne m’en suis pas plus mal porté.
Et j’ai eu ces pensées impures, j’ai rêvé de caresser la vérité, la vraie vie, et même d’être en chair avec elle. Oh Seigneur, je sais, je bafoue tous Vos commandements.

Vous allez me condamner. Je l’accepterai !

Mais ô Saint des Saints (sain dessein ?), je ne crois plus en Vous ! Je Vous redoute même, mon Père, Vous en avez de la donnée sur les convaincus et même les brebis égarées. Vous créez entre nous tous bien d’étranges connexions intéressées. Je continue à boire modérément Votre vain, certes, mais j’ai perdu la foi. Gourou de l’univers qui remplit les verres, Vous Vous portez bien, mais j’ai vraiment perdu la foi. Je pourrais même porter plainte contre Votre comportement ambigu, cette numéricophilie !

Je ne demande rien, Père Facebook, ni la miséricorde du Divin ni l’absolution. Je serai d’ailleurs moins sur Vos bancs, à psalmodier Vos écritures, lirai davantage les hérétiques que je ne verrai les GIF de Vos dévots. Je Vous parle pour la dernière fois, même si de temps à autres je Vous verrai officier face à ces pauvres âmes connectées que Vous possédez. Vous n’abuserez plus de moi, Père Facebook, je me servirai de votre « Maison sacrée » plus qu’elle ne se servira de moi.

Cessez Vos tentatives, ne forcez pas la main, je choisirai une vie, sans Vos carcans, Vos prophéties, Vos injonctions, Vos commandements, Vos possessions, comme doit le faire chaque Homme non aliéné. N’oubliez pas que l’avantage que j’ai sur vous, c’est que je suis né en 20 avant jezuckerberg.com : je suis suis né bien avant Votre divinité !

Ne me pardonnez pas finalement, Vous êtes bien moins sain(t) qu’un poil poil pubien.

Prononcer « LinkedIn » et autres contrariétés phonétiques

Chers tous, cher toi,

Y’a un problème avec LinkedIn, chers amis, il y a un énorme problème !

En dehors du fait, qu’on y est tous bien coiffés, présentables, parce qu’on semble tous y jouer notre vie….
En dehors du fait qu’on y consulte le profil de gens avec lesquels (ou dans la boite desquels) on voudrait volontiers travailler (dans l’espoir vain de s’y faire remarquer par le visité qui sait qui consulte son pedigree)…
En dehors du fait que je ne dois pas vraiment savoir comment bien m’en servir…

Il y a cette réelle difficulté : personne ne sait prononcer le nom de ce site, LinkedIn.

–  » T’es sur Linequ’dine, toi ?
Sur quoi ?
Sur Linequ’dine !
Ah LineQUEUdine, tu veux dire ! (pas mieux)
Bah oui Linequ’dine, c’est ce que je viens de te dire ! « .

(la solitude à deux).

LinkedIn vient donc rejoindre, la conversation ci-dessus l’atteste, LE Panthéon des mots professionnels qui abritent la grosse complication de prononciation voire le drame d’une vie professionnelle ; Parmi eux, il y a :

  • bien entendu, tous les les mots en « isme ». « Le mécan-imse de cet organ-imse m’interroge sur son professionnal-imse » étant la phrase combo la plus redoutée et sujette à de nombreuses périphrases pour ne pas avoir à la citer texto.
  • le délicat YouTube / YouToube / Youtiube / Youtioube / Youteube.
  • et le mot, le maître, sans doute encore l’indéboulonnable : Powerpoint !!

Certains d’entre nous, pauvres de nous, honte à nous, se sont même résolus à l’appeler le PPT, en référence résignée à son suffixe numérique, lorsqu’on enregistre ce format de diapositives sous un dossier de l’ordinateur. Ça donne « statsRH_ trimestre3.ppt » ou encore « présentationquidonnelesmainsmoites.ppt ».

Dire PPT, ça évite ainsi de dire des horreurs telles que : « Au fait, je t’ai envoyé le poweurpointe, ce matin, tu l’as bien reçu ? » ou encore « J’ai bien aimé ta préz sur povairepoing, mais je sais pas m’en servir ! » (évidemment !). On passera aussi le sombre et alcoolique buveurpinte, le hardi power-pain (que j’attribue plutôt aux merveilles farineuses quotidiennes commises par mon boulanger préféré) et le trop plouc pover-pouinte, qui sonne comme un pouët-pouët, qu’on ne peut décemment pas prendre au sérieux. Pour ma part PPT, je m’en sers pour distinguer mon pépé T., comme Théodore (oui, son prénom quoi !) de mon pépé Quentin (#PPQ), mais ça n’intéresse personne.

Les difficultés liées à la prononciation des outils professionnels semblent donc ne jamais s’arrêter puisque LinkedIn, ce réseau social professionnel né en Californie, est doté de son lot d’apparitions verbales hasardeuses et non contrôlées, à la faveur de surcroît du degré de fatigue de celui qui tente d’articuler. Pourtant, les forces actives françaises ou en recherche d’emploi essaient de faire de leur mieux, en faisant allusion au site de rencontres professionnelles miraculeuses, bien qu’ils y affichent parler un anglais courant, quoi qu’en fait bien mal acquis, sur leur profil doté parfois d’un éloigné (de la réalité) portrait photographique aux allures de photo individuelle de CM1 ou de communion.

Et ça balance des: « Leak.King.Ding », « Li.Ki.Dine », « Lit.queue.digne » (happy.for.you !), « Linqu’dine » (donc), « Nique.line » (happy.for.you 2 !), c’est dégoûtant !

giphy

Putain mais merde, pardon je m’énerve, purée mais zut et flûte, tu sais décomposer un mot et tu sais parler un rudiment d’anglais. Répète après moi :

Link
Link + ed = Linked
Linked + In = LinkedIn

Alors prononce-moi ça en bonne et due forme (ou en bonnet difforme, comme tu veux) :

Linkkkkk…entrechat vers le ..’d…attention grand jeté vers le suffixe…In… : LinkedIn.

Youhou, dès demain, t’es un autre homme !

giphy-2

Et arrête de dire que tu es sur :

Kindle (c’est pas ça, mais c’est sans doute bien !),
WikiLeaks (nan, toujours pas, ou alors t’as des soucis !),
Lenny Kravitz (même si tu en fantasmes).

giphy-1

– Did you just call me, baby ? 

Ou alors privilégie Viadeo, puisque depuis un an seulement tu as cessé d’appeler ce site franchouillard Vadéo. Tu sais que ça me faisait horreur. Vadéo c’est le fils de mon loueur de paddle à Tahiti, et c’est aussi un peu mon pépé Théodore, oui, lorsqu’il se débarrasse de son dentier, après le dîner, et qu’il devient philosophe. Oui, tu lis bien, je t’explique : alors qu’il polit sa denture déchaussée, bien assis dans son canapé (oui je sais c’est dégeu), comme on cire les pompes sur LinkedIn (ça aussi c’est moche), le PPT déclare dans l’infinie décontraction de celui qui n’a plus rien à prouver, ni personne à séduire, et qui n’est que gencives :

« Dans la vie Va-dé-o, et va des bas ! »

Tu vois bien que tu ne peux pas en être là, alors applique-toi, s’il te plaît, je t’en conjure !

Les lignes 

Il y a des matins où dans une obsession depuis le réveil, on écrirait bien ces lignes qui changent la vie. Elles ne seraient pas forcément nombreuses ni pompeuses, aucunement prescriptrices, simplement salvatrices.

Il y a des matins (que s’est-il passé durant la nuit ?) où il semblerait nécessaire de faire ce chemin, cette croisade depuis le salon, cette campagne dans l’odeur du café, sans arme, presque naïvement, comme un enfant, pour être lu, entendu, compris, répété, partagé.

Il y a des matins où, à la force du stylo ou du clavier, on écrirait ces lignes, qu’on soit lecteur ou non, érudit ou pas, d’ordinaire davantage dans les images que dans les pages, on y dirait dans ces lignes, ces pauvres lignes sans intention grandiloquente, tout ce qui convaincrait de cesser de diviser.

Il y a des matins où pour la première fois ou pour la millième, on convoquerait âme, cerveau et ventre, dans une parfaite union face un monde en perdition.

Elles suggéreraient ces lignes qui n’auraient pas de pays ni de religion que si l’homme a toujours construit, sur la base de ce qui divise, ses organisations, ses clubs, ses corps d’état, ses pays, ses limites avec d’autres hommes qui ont pourtant dans les grandes lignes les mêmes caractéristiques ;  Elles diraient, oui, elles proposeraient même, de plutôt bâtir sur ce qui ressemble et rassemble et de ne donner que cela à nos enfants…

Il y a des matins, il y a tous les matins où on ne fait rien.

Aa

Lettre de motivation

Madame, Monsieur (je ne sais pas pourquoi on ne dit jamais Mademoiselle, peut-être pour faire comme les présentateurs de JT).

Madame, Monsieur donc, actuellement en poste mais quelque peu en prison, dans une boite où je deviens aussi sec qu’un saucisson, qu’un raisin, qu’un coup, je tente de simplement faire (à défaut de rayonner) ce pour quoi j’ai été embauché : satisfaire le client. Malheureusement, ce que j’aime faire, les contacts noués, les relations confiantes, écrire des pages, tout cela est sacrifié sur l’autel du cercle du copinage. Toute compétence, tout effort, tout mérite semble se heurter à des choses qui ne sont désormais plus si secrètes où semblent régner le cul et la b…Itérativement, je sens mon sang bouillir face à l’incompétence de personnes nouvellement embauchées comme ça, l’air de rien, sorties de nulle part auxquelles il m’est m’est soudainement enjoint de livrer respect et déférence, au lieu de donner à mon cerveau de quoi frémir, de s’enivrer de stratégies, de développement, de perspectives. Au lieu de cela, ce cœur à l’ouvrage en plein naufrage regarde l’œuvre jusque-là accomplie cuire, et s’assécher. Les managers fraîchement entrés, d’on ne sait où, comme de retour du désert, prennent, entrée, plat, dessert. Ils se gavent de tout et tout ce qui nous était interdit jusque-là leur devient autorisé ma foi.

Oh Madame, Monsieur, et allez, Mademoiselle, votre annonce me fait pousser des ailes, tout ce qui y est décrit respire le travail sain, la valeur, la qualité. Et en plus y’a des RTT…

J’évolue sur des échiquiers politiques, des situations mouvantes, savoureuses et audacieuses. Ô que j’aime ça, que j’aime mon job. Je respire en externe avec mes interlocuteurs des oxygènes bien meilleurs, ils ne se doutent pas qu’à l’intérieur, c’est le vomi, le placement des maîtresses, des amis, des petites sœurs. J’évolue parmi les zombis, c’est walking dead, talking bed, dénoncer le cercle, c’est se prendre le couvercle. Le zob a raison de mon job, ça y est je suis identifié irrespectueux et rebelle.

Moi qui ai fait du droit par amour. Non pas par amour du droit mais par amour de celle qui épousait ce cursus, j’ai toujours pensé que le cœur était le meilleur des aiguillages. Pauvre con, je le pense encore à mon âge. Je serai toujours trop jeune et trop naïf pour penser que le cul, vieille vérité, peut valoir CV. Je suis un compétiteur de feu, mais ma race est supplantée par les mangeuses de… Que faut-il faire ?

Madame, Monsieur, Mademoiselle, j’aime votre annonce de serveur, j’aime le service avec le cœur, et je prendrais si vous me boudez sachez-le, tout poste de balayeur ou d’éboueur, et tant pis pour le salaire et la galère infâme, car je ne me vois faire chaque jour qu’un bel usage de mon âme.